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La modernité a été source de nombreuses  métamorphoses, et de nombreuses idéologies. L’une  de  ses  caractéristiques est la culture individualiste ou l’individualisme. Pour certains, cet individualisme est source de liberté, d’épanouissement,   une   aubaine   pour notre  ère.  Car  il  permet  à l’homme de s’exprimer, de s’affirmer, de se réaliser suivant ses ambitions et ses aspirations propres. Tandis que pour d’autres, la culture individualiste est venue désacraliser tout ce qui était considéré comme tel, elle est venue mettre à l’écart les valeurs anciennes ou traditionnelles et même transcendantales qui donnaient sens à nos vies. On assiste à une discréditation et à un désenchantement. L’homme plonge ainsi dans une crise des valeurs, dans des dérives multiples envers lui- même, et envers l’environnement. Du coup, les choses perdent leur aura, nous dira Charles Taylor. Comment se manifeste la crise axiologique ? Comment conduit-elle à la crise écologique ? Et comment faire pour y remédier ?

Pour le philosophe canadien Charles Taylor, la culture individualiste moderne visait à la base l’épanouissement de l’homme. Mais à cause des effets pervers (relativisme, narcissisme, etc.) que celle-ci engendre, l’homme se détourne de cette visée. Ce qui nous conduit vers un anthropocentrisme dévié, pervers, d’où l’éclipse des fins et l’hégémonie de la raison instrumentale. L’homme conçoit le monde dans sa totalité, comme un

agrégat d’objets, et il n’y a plus dans  cette  conception  la moindre place pour l’existence d’une dimension transcendante on est face à des manipulations diverses et inhumaines.

Les rapports instrumentaux se développent, la maxime de Kant est éclipsée, l’homme n’est plus considéré comme une fin, mais comme moyen dans l’optique de satisfaire des intérêts égoïstes. C’est le cas des trafics dans les cir-cuits d’émigration, le cas aussi de la médecine, où la personne humaine est considérée par certains spécialistes comme  site  de  diverses  démonstrations  techniques ouvertes à des manipulations de toutes sortes.

Un tel environnement où l’homme n’est plus reconnu et considéré à sa juste valeur, entraîne forcément une crise écologique selon le pape François. C’est pourquoi il dira:

Pour une relation convenable avec le monde créé, il n’est pas nécessaire d’affaiblir   la   dimension   sociale   de l’être humain ni sa dimension transcendante, son ouverture au ‘Tu’ divin. En effet, on ne peut pas envisager une relation avec l’environnement isolée de la relation avec les autres personnes et avec Dieu. Ce serait un individualisme romantique, déguisé en beauté écologique, et un enfermement asphyxiant dans l’immanence.

Pour le pape François, l’anthropocentrisme erroné de notre époque a donné également naissance à un style de vie dévié, à une culture du relativisme pratique. Dans cette culture, tout ce qui ne sert pas aux intérêts personnels immédiats est privé d’importance.

Si nous pouvons déjà exploiter, chosifier et détruire notre prochain,  le  vendre  comme un esclave sans dignité pour nos intérêts immédiats et égoïstes, comment imaginer un seul instant que nous pourrions traiter et exploiter notre environnement de façon  raisonnable  et  respectable ? Comment penser  une préservation des espèces menacées  ?  Comment  pourrions-nous  entretenir  de  la  plus belle des manières la couche d’ozone pour le bien-être des générations futures ? Ces questions doivent nous conduire à une prise de conscience pluridimensionnelle, de ce que nous sommes, de notre authenticité avec le monde et dans le monde. Et le pape François de conclure: Si la crise écologique est une éclosion ou une manifestation extérieure de la crise éthique, culturelle et spirituelle de la modernité, nous ne pouvons pas prétendre soigner notre relation à la nature et à l’environnement sans assainir toutes les relations fondamentales de l’être humain.

 

Armel Donadoni NGONO Philo. III

 

Post Author: mukasa

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