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Aujourd’hui, la démocratisation des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) est telle qu’on parle de génération androïde. C’est l’ère des
smartphones et des tablettes. En même temps qu’elles offrent du plaisir en facilitant la transmission à une vitesse exponentielle des nouvelles, elle renforce paradoxalement l’individualisme et conduit même à l’établissement d’une conscience qu’on taxerait sans exagérer de dispersion et d’insensibilité. L’œil avisé du savant Albert Einstein   lui avait déjà  donné une raison de s’inquiéter : « Je crains le jour où la technologie dépassera l’homme ». Les outils de la technologie semblent apparaitre beaucoup plus sur un mauvais jour ; d’ailleurs, le Pape François, en scrutant les racines humaines de la crise écologique, n’oublie pas de préciser que c’est par les innovations opérées par la science que l’homme s’est érigé en bourreau de la nature et par ricochet de ses frères. Elles ont donné à l’homme « un terrible pouvoir ».

« Jamais l’humanité n’a eu autant de pouvoir  sur  elle  et  rien  ne  garantit quelle s’en servira toujours bien, surtout si l’on considère la manière dont elle est en train de l’utiliser » (Laudato Si , n°104). Cette affirmation du pape est d’autant plus facile à vérifier pour ce qui est des NTIC qui nous concernent. Combien de fois cette facilité d’informer est-elle utilisée pour répandre des fausses nouvelles, pour salir l’image des personnes parfois in- connues, pour mettre à la disposition de tous des images et vidéos inappropriées contenant des scènes de violence extrême ou même érotiques? Dans le même sens, le « livre des visages » (facebook) n’est-il pas le lieu où sont vécues des relations fantaisistes avec des identités fabriquées et même un champ de proies pour les cybers criminels ? Enfin, combien sommes-nous à voyager via le web pour souhaiter joyeux anniversaire aux inconnus, pour offrir des « like » à des faits et dires incertains relayés sur la toile négligeant notre environne- ment immédiat, et par le fait même fragilisant les relations avec nos proches ? Cela est dû au fait que  notre liberté est corrompu car livrée « aux forces aveugles de l’inconscient, des nécessités     immédiates, de l’égoïsme, de la violence   »   (Laudato Si, n°105).

Pourtant, aujourd’hui on est obligé de composer avec ces technologies. Il faut orienter leur usage de manière à favoriser une écologie humaine. Pour cela, certaines attitudes peuvent nous aider, à savoir, l’usage régulé des NTIC ; il faut certes se connecter, mais surtout passer du temps avec son entourage immédiat ; il faut que mon village local soit une communauté vivante. Il s’agit de privilégier la rencontre de

l’autre à la relation virtuelle qui ne permet pas une véritable« épiphanie » des personnes en relation. Le dialogue, mais aussi la participation à la même tâche, les loisirs et sports collectifs et le travail en- semble sont les lieux où en interaction les uns avec les autres, les hommes bâtissent une communauté. De plus, nous devons sauvegarder notre « Cloud » commun : il est question pour nous de participer à l’assainissement de la toile en promouvant des publications instructives, utiles et non pas de nous consacrer à celles superfétatoires.  Enfin, nous devons utiliser ces moyens comme facilitateurs de nos activités de communication mais aussi de notre travail et même de notre mission ; c’est le lieu de « créer les liens » à la manière du petit prince d’Antoine de saint Exupéry, c’est-à-dire des relations qui nous rendent « responsables », qui nous aident à grandir et qui sont un ambon pour le partage de la Parole de Dieu.

Marius WABO, O. Carm, PHILO II

 

 

Post Author: mukasa

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